extrait
du guide BARF
Les
céréales
étant la
principale source d’hydrates de carbone dans les différents aliments de
consommation courante,
leur ingestion massive
oblige le pancréas du chien à travailler de longues heures à un rythme élevé
afin de
dégrader un
maximum de glucides. Outre qu’il est éprouvant pour le pancréas, ce travail
ralentit l’ensemble
du
processus digestif. Il entraîne la stagnation des aliments au niveau de
l’estomac, puis de l’intestin grêle,
où ils vont fermenter de
longues heures, ce dernier n’étant pas en capacité de les absorber
correctement.
Ces résidus
alimentaires non absorbés pénètrent alors dans le gros intestin (côlon), où une
flore
microbienne très
abondante les dégrade sous forme de gaz, qui seront évacués. Les conséquences
pathologiques les plus
fréquentes de ce phénomène sont les flatulences et les diarrhées, la mauvaise
haleine, les inflammations
du pancréas, une prédisposition aux torsions d’estomac et les cancers du
système digestif.
Les
aliments secs, appelés « croquettes » par les francophones européens et «
moulées » par nos amis
canadiens, sont destinés à
être servis au chien tel quel. Ce type de produits est aujourd’hui le plus
représenté et le plus vendu
parmi les différents aliments industriels pour chiens et chats, en raison de
son
faible coût de
fabrication et d’achat (par rapport aux boîtes, tout du moins) et de la facilité
de stockage et
d’utilisation qu’ils
représentent. Il existe une très grande variété de croquettes sur le marché.
Certaines sont
commercialisées dans les
rayons de différentes enseignes de la grande distribution (super et
hypermarchés), d’autres ne
se trouvent que dans les boutiques spécialisées, les coopératives agricoles
ou
les cabinets
vétérinaires. Les prix, quant à eux, font le grand écart. De 20 centimes d’euros
à 10 euros le kg
pour
certains aliments vétérinaires, il y en a pour tous les portefeuilles. Mais
quelle différence existe-il entre
ces différents produits ?
Concrètement, vous avez sur le marché cinq gammes de croquettes différentes :
les aliments bas de gamme,
sans mention particulière sur l’emballage quant à leur qualité, les aliments
de
milieu
de gamme, reconnaissables à la mention « aliment de qualité supérieure » sur
l’emballage du produit,
les aliments hauts de gamme,
portant la mention premium ou super premium sur l’emballage et les aliments
vétérinaires (à ne pas
confondre avec les aliments premium ou super premium distribués par des
vétérinaires), à visée
thérapeutique (pour chiens souffrant, par exemple, d’insuffisance pancréatique,
de
troubles rénaux etc.).
Vous trouverez facilement des aliments bas et milieu de gamme dans les épiceries
de
quartier, les
superettes et les grandes surfaces, ainsi que dans certaines coopératives
agricoles. Les
aliments
haut de gamme s’achètent dans les animaleries, les grandes surfaces
spécialisées, la plupart des
coopératives agricoles et
les cabinets vétérinaires. Les aliments vétérinaires sont vendus sur
prescription
médicale,
par les vétérinaires uniquement. Leur composition est adaptée à la pathologie de
l’animal. Si on
exclut
les aliments vétérinaires, la différence entre le bas, le milieu et le haut de
gamme se situe au niveau
du ratio produits d’origine
animale et produits d’origine végétale, ainsi qu’au niveau de la qualité
nutritionnelle
des
différents ingrédients. Autrement dit, plus vous montez en gamme, plus vous
trouvez de protéines
animales dans les aliments
et plus la qualité de ces protéines animales est élevée. La qualité des
protéines
se mesure à
leur digestibilité. Plus elles sont assimilables, plus elles profitent à
l’organisme de votre chien.
De manière générale, les
protéines de meilleures qualité sont fournies par la viande, c’est-à-dire la
chair, ou
muscle, de
l’animal. Pour mieux comprendre, il est essentiel de connaître la signification
des termes les plus
fréquemment employés par les
industriels, ainsi que les obligations légales des fabricants en terme
d’information produits.
Les
conséquences d’une alimentation industrielle sur la santé de nos
animaux
Le propre des aliments
industriels est d’être fabriqué en série. Malgré de prometteuses mentions sur
l’emballage, ils ne
sauraient donc être adaptés aux « besoins spécifiques de chaque chien ». A
l’heure
actuelle, bon
nombre de chiens souffrent de problèmes de peau plus ou moins importants toute
leur vie
durant, de
simples démangeaisons aux eczémas chroniques. Ces problèmes cutanées peuvent
être les
symptômes de
différentes pathologies ou agressions extérieures, telle que la pollution, les
insecticides, des
champignons (teigne) ou des
parasites externes (gale, puces, aoûtats), ou bien encore des allergies
alimentaires. Avec
l’allergie à la salive de puce - se manifestant chez les chiens non ou mal
déparasités - les
allergies alimentaires sont
les causes les plus fréquentes d’eczéma chronique chez le chien. Ce sont
aussi
les plus
fréquemment sous-diagnostiquées par les vétérinaires; et la plupart des maîtres,
démunis face au
problème
de leur animal, finissent par se résigner à des traitements à vie plus ou moins
lourds, de la simple
lotion apaisante aux
injections de cortisone. Pourtant, une mauvaise qualité du poil, des pellicules,
un prurit
généralisé
persistant apparus sans qu’aucune pathologie ou agent extérieur n’ait pu être
identifié doit faire
penser à une
hypersensibilité alimentaire. Cela est d’autant plus vrai si l’on vient de
modifier la marque ou le
régime alimentaire de son
compagnon à quatre pattes, même si, comme chez les humains, une allergie peut
survenir à n’importe quel
moment de l’existence, parfois sans qu’il y ait eu modification de
l’environnement
ou des
habitudes alimentaires.
Quelle
est la cause physiologique d’une manifestation allergique ? Une manifestation
allergique est un
phénomène de rejet de
l’organisme, qui cherche à expulser une substance qu’il ne reconnaît pas et
qu’il juge
en conséquence
nocive. L’allergie n’est donc qu’une réaction protectrice du corps contre un
envahisseur.
On sait que
la cuisson prolongée des aliments à de hautes températures modifie leur
structure chimique en
profondeur. Hors, les
aliments industriels pour chiens sont cuits longtemps à de très hautes
températures
(100° et
plus). Certains chiens, suite à l’absorption de ces molécules chimiques rendues
étrangères par la
cuisson, vont développer une
réaction allergique. Une alimentation naturelle crue, ou très légèrement
cuite,
permet de rémédier
au problème. Hormis ce facteur potentiellement allergisant, les effets néfastes
de la
surcuisson dans
l’alimentation canine n’ont jamais été scientifiquement étudiés. Si on soupçonne
depuis
plusieurs années
la cuisson excessive des aliments d’être la cause de cancers chez l’être humain,
aucun
chercheur ne s’est
posé la question de savoir ce qu’il en était des effets de cette surcuisson sur
la santé de
nos
animaux domestiques.
Ce
que l’on sait en revanche, c’est que la cuisson rend la viande moins assimilable
pour le chien, car elle
détruit une grande partie
des éléments naturels qu’elle contient.
Les enzymes digestives
présentes dans la viande crue facilitent la digestion et, avec les
anti-oxydants,
aident à
lutter contre les effets du vieillissement. Ces enzymes et ces anti-oxydants
sont entièrement détruits
par la cuisson. La
destruction des enzymes contenues dans la viande fraîche entraîne une
fatigabilité accrue
des
organes digestifs, cause de pathologies comme l’insuffisance pancréatique, le
diabète ou la pancréatite.
L’altération des
anti-oxydants, quant à elle, accélère le vieillissement et favorise l’apparition
des maladies
dégénératives qui y sont
associées, comme le cancer, les maladies rénales et cardiaques ou l’arthrite.
Enfin, la cuisson détruit
totalement les vitamines fragiles, comme les vitamines A, B et C, essentielles
au bon
fonctionnement de
l’organisme. Ces vitamines, les fabricants d’aliments industriels doivent donc
les recréer
synthétiquement pour les
incorporer à leur produit en bout de chaîne. Parmi les vitamines de synthèse
utilisées aujourd’hui existe
la vitamine K3 ou ménadione. La vitamine K, essentielle au processus de
coagulation sanguine, ne se
trouve à l’état naturel que dans une très petite quantité d’ingrédients,
raison
pour laquelle les
fabricants utilisent sa forme synthétique. Il faut pourtant savoir que la
ménadione est
connue pour
ses effets toxiques sur le foie. A telle enseigne que son usage dans les
produits destinés à la
consommation humaine a été
strictement interdit par plusieurs gouvernements dans le monde.
L’excès
de céréales
Indépendamment des
transformations chimiques induites par la cuisson et l’ajout de compléments
de
synthèse, la nature
même des matières premières utilisées pour la fabrication des aliments
industriels est à
la
source de nombreux troubles digestifs. Les flatulences quotidiennes, la mauvaise
haleine, une très forte
odeur de fermentation au
niveau des selles, des selles malformées, parfois jusqu’aux diarrhées
chroniques,
sont les
symptômes courants d’une intolérance digestive. De très nombreux chiens
présentent ce type de
symptômes à des degrés
divers et leurs maîtres, en l’absence d’informations, considèrent souvent
comme
normal l’odeur
pestilentielle qu’émet leur animal lorsqu’il excrète des gaz ou de la matière.
En réalité, ces
troubles
sont le signe d’une hypersensibilité digestive extrèmement fréquente aux
céréales comme le soja, le
blé et le maïs, produits qui
constituent la base protéinée et fibreuse des aliments préfabriqués pour
chiens.
Quelles
conséquences l’ingestion massive de céréales a-t-elle sur la santé de nos chiens
?
Indépendamment des
réactions allergiques qu’elles peuvent provoquer, les céréales contiennent une
grande
quantité
d’hydrates de carbone (glucides) qui modifient le PH de l’estomac (font baisser
l’acidité),
augmentent la
fermentation intestinale (favorisent le développement de parasites internes et
la prolifération
des gaz)
et rallongent le processus digestif (d’où une stagnation des aliments dans le
tractus digestif qui
constitue un risque accru de
pathologies graves comme les torsions d’estomac et les cancers). En effet,
comme on l’a vu dans le
chapitre précédent (Eléments de biologie canine), la transformation des hydrates
de
carbone en sucre
demande au pancréas du chien un effort très important. Lorsqu’un chien mange
quotidiennement une grande
quantité de céréales, son pancréas travaille jour après jour des heures
durant.
Il s’use et se
fatigue prématurément, d’où l’apparition fréquente et plus ou moins précoce
d’inflammations du
pancréas pouvant conduire à
une insuffisance chronique et à la mort de l’animal. L’insuffisance
pancréatique
est d’autant
plus redoutable que ses symptômes (selles malformées, pâles et nauséabondes,
soif intense,
fatigabilité accrue) sont
souvent peu spectaculaires et n’amènent pas le maître à consulter en temps et
en
heure. Elle est donc
souvent mal ou non diagnostiquée, alors qu’une alimentation adaptée pourrait
prolonger
dans de bonnes
conditions la vie du chien qui en souffre, de quelques mois à plusieurs années
pour les cas
les plus
précoces. Il n’est jamais trop tard pour bien faire : les régimes maison, à
condition qu’ils soient alors
élaborés avec l’aide d’un
vétérinaire, sont particulièrement aptes à répondre aux besoins d’un chien
malade,
tout simplement
parce que, contrairement aux aliments tout prêts, ils permettent de s’adapter à
la
problématique
de chaque individu.
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